Je sais pas vous, mais moi, intellectuellement, j’aime bien le tout-ou-rien. En bonne obsédée de la cohérence, je trouve ça confortable. J’ai l’impression que tout est en ordre. Si tu trouves que la souffrance animale est insupportable, normal que tu arrêtes la viande. Si tu sais que l’huile de palme est un cauchemar écologique, tu boycottes tous les produits qui en contiennent. Sauf qu’en matière d’alimentation, ça marche moyen. Des années d’expérience de changement alimentaire me l’ont démontré.
Voici donc les quelques leçons que la voie du milieu m’a enseignée.
# 80 % sain, 20 % trash, la clé de la réussite
Si tu as déjà essayé des régimes stricts (qu’il s’agisse de privations en termes de quantité ou d’aliments interdits comme la viande/les produits laitiers/le sucre/le gras/le gluten…), tu as sans doute remarqué qu’il y a un gros truc emm******ant pour tenir, un truc qui te fais souvent échouer : c’est juste la vie.
Ben oui, sur le papier, ça marche. Dans la vraie vie, presque jamais. Pourquoi ?
Parce que justement, la vie c’est saisir des opportunités de bons moments avec ses amis, c’est faire avec la fatigue et les contrariétés, c’est lâcher-prise et ne pas toujours tout anticiper.
Et je sais pas toi, mais mettre la vie dans les concepts emm******ants, je trouve ça chelou.
Donc la vie, mieux vaut faire avec et tabler sur le fait que ça arrive de craquer et que parfois c’est trop bon. Et même que c’est pas très grave si le reste de ton alimentation est plutôt clean. Le bon équilibre, c’est à chacun de le définir mais j’aime bien la formule de la coach Lucille Woodward : « 80 % sain, 20 % trash ». A toi de voir comment tu répartis sur la semaine ou le mois. Le tout, c’est de ne jamais se dire « maintenant c’est fichu ». Ce n’est jamais fichu. Et ce n’est pas parce que tu n’as jamais cuisiné/pris 20 kg pour ton dernier petit bébé/oublié d’habiter ton corps ces 15 dernières années que tu peux pas retrouver ton équilibre.
# Tenir la durée
Ici, on n’en a rien à faire des régimes miracles. Ce qu’on veut, c’est vous aider à manger bien pour toujours. Oui, oui c’est ambitieux mais on sait que la clé (pour ton bien-être comme notre environnement), c’est ça. Des changements durables. Alors, vraiment, à l’échelle de ta vie, est-ce que c’est grave que tu mettes plus ou moins une année à supprimer le sucre blanc de ton alimentation ? Non.
L’essentiel, c’est d’aller dans le bon sens. Quitte parfois à faire quelques retours en arrière.

Et quand je prends le temps de regarder la longue traîne, je constate que je ne craque plus jamais pour des trucs bourrés de sucre ou de Nutella ou même quoi que ce soit d’industriel. Et c’est déjà merveilleux ! Bravo moi. Merci pour le chemin accompli.
Je me souviens d’une fille de l’association pour les droits animaux L214 qui disait sur un plateau télé qu’elle ne demandait pas au monde entier de devenir végétarien. Mais elle a dit que si chacun de nous se contentait de diviser par deux sa consommation de viande, la consommation mondiale serait divisée par deux. Imparable et en même temps très accessible dans la durée non ?
Les grands changements peuvent être faits de moyens changements (je sais, sur un board Pinterest, ça sonne pas très bien et pourtant…).
# Parce que l’équilibre, c’est gérer le déséquilibre
Tu le sais si tu fais du yoga, c’est même une évidence : l’équilibre est instable. C’est la nature de l’équilibre. Et quand tu le trouves, il est éphémère. Inutile donc de se torturer la tête à se répéter qu’on ne trouve pas l’équilibre stable dans l’assiette : c’est juste. Pas. Possible.

Et s’il y a montagnes russes, enjoy. Et recherche à nouveau l’équilibre.
C’est comme ça et ça le sera pour toujours. La vie, c’est le mouvement. L’inspir et l’expir, les autres et le plus profond de soi-même, l’ancrage et l’ouverture sur le monde. Le Big Mac et le jus vert.
# Et alors, le tout ou rien ?

Je m’explique : 1 mois sans sucre (tiens le sucre, Andréa en parle ici : « Addict au sucre, elle fiche sa vie en l’air.« ), 21 jours sans aucun produit industriel, 1 semaine végane. A quoi ça sert ? Et ben justement à faire l’expérience de comment on se sent dans son corps dans ce type d’alimentation. Moi par exemple, le gluten, je ne vois pas la différence alors que le sucre, ça change mon énergie. Autre avantage : ça te force à chercher des alternatives. Au début, c’est dur de changer ses habitudes et puis tu trouves tes propres trucs qui marchent. Pour remplacer la viande, nous on aime les gros plats complets comme le chili sin carne ou les currys de légumes, mais on n’aime pas trop les substituts comme le tempeh, les saucisses de tofu ou les steaks végétaux. On développe de nouveau réflexes.
Du coup, une fois ta période tout-ou-rien terminée, tu gardes des choses dans ton quotidien qui viennent changer en douceur ton alimentation.
A coup d’expériences une ou deux fois par an, tu peux apprendre de nouvelles manières de cuisiner, de manger, et de te régaler avec des aliments trop bons pour ton petit corps. Ma prochaine tentative ? 2 mois sans café pour trouver des substituts. Si d’ailleurs vous avez des pistes, je suis preneuse (pas tant pour le goût que pour l’effet coup de boost).
Ah oui, j’oubliais, une expérience tout-ou-rien, ça se prépare. Tu bouquines un peu ou tu lis des blogs. Tu remplis ton frigo pour gérer le changement sans impression de manque. Tu préviens ton entourage que pour un moment -et un moment seulement-, les règles changent.
Voilà mon petit bilan personnel. Et j’aimerais tellement que ça t’aide à apaiser ton rapport à ton assiette. Parce que non, rien n’est épouvantable et rien ne mérite que tu culpabilises ou que tu te punisses. Et la perfection, ce n’est pas manger des légumes crus toute la journée.
Allez, je t’envoie un peu de bienveillance et de réalisme (oui, bien sûr que ça va ensemble) dans ton assiette comme dans ton petit cœur.
Pour aller plus loin
- Pour faire le point sur votre alimentation, réservez une consultation en Naturopathie
- Découvrez la cuisine végétale avec Charlotte : ateliers, vidéos, retraites…

ChefFE Cuisine Végétale · autEURE
Comme toutes les Charlotte sur les emballages de biscuits, elle avait des taches de rousseur, des couettes et de bonnes joues quand elle était petite. Gourmande depuis toujours, et pour toujours.
Mais comment être en forme ET faire honneur à sa gourmandise ? Et puis il y a le quotidien qui s’en mêle : le boulot, la vie, les journées qui filent… Avec l’alimentation végétale et majoritairement vivante, elle a trouvé la pièce manquante à son puzzle.
Puisqu’on mange 3 fois par jour (au moins), autant que ce soit bon et que ça fasse du bien.
Gourmande et curieuse, Charlotte a découvert la cuisine végétale et la cuisine crue, et espère bien vous faire partager cette passion capable de vous réconcilier avec votre assiette.
Sa mission ? Vous transmettre des recettes et des méthodes éprouvées pour mettre de bonnes choses dans votre assiette, sans renoncer à rien. Vous garderez votre vie sociale. Vous garderez du temps pour votre job, votre famille, vos loisirs. Et vous garderez surtout le plaisir de passer à table.
Nos journées de retraite · Recettes de cuisine végé et gourmande · Mon livre « Cuisiner cru et vivant »


