Je suis tombée dans la marmite du yoga il y a 10 ans déjà. Je dis « déjà », parce que j’ai l’impression d’en être encore à mes débuts, et finalement, je me rends compte que le chemin du yoga est sans limites. Et c’est très chouette. Même si cela n’a pas toujours été le cas, si je ne suis pas toujours des plus assidues dans ma pratique personnelle (quoique), s’il y a des jours où le yoga me transporte, ou des jours où je suis à côté de moi-même, le yoga a pris une place importante dans ma vie et m’a vraiment rendue total’ accro. Allez venez, je vous raconte.

#1 Premiers essais : « Respiiiiiiiiire »

Il y a 10 ans, j’arrive dans une nouvelle boite, l’une de celles qui prône le bien-être dans ses valeurs. Le midi, on me propose de prendre des cours de yoga avec mes collègues. J’avais super envie d’essayer, j’ai fait de la gym petite je me suis dit que cela allait coller, et au début je voyais le yoga comme une façon de faire bouger mon corps.

La prof donne des cours de yoga assez complets, et finalement assez doux. Dès les premières séances, j’y vais à fond, corps tendu, muscles activés… Je me regarde un peu (pas trop les autres). La prof m’encourage à bien m’étirer, bien respirer… Et je me mets à bailler sans pouvoir m’arrêter. J’ai un peu honte, je me dis que la prof va mal le prendre. Elle me rassure, elle me dit de me laisser aller.

#2 Le déclic : lâcher prise

Le cours se termine. Quand je retourne à mon poste de travail, une personne de mon équipe arrive dans mon bureau, sourcils tout froncés, tendu, pas content. On est lundi, il est 14h00, je suis sur mon petit nuage, un peu ailleurs. L’autre est bien là en face de moi. C’est le choc des énergies : « mais pourquoi ils sont si excités dans cette boite ? ». Je désamorce la grenade, le problème est réglé. Ben oui, quand on revient d’un cours, si le prof est bon, si on a joué le jeu, et si on a pratiqué aussi avec sa tête, on s’est « centrés ». Et bien mine de rien, cela aide pas mal de savoir où on en est pour communiquer positivement avec des collègues énervés. Et depuis ce jour, j’ai repris ma dose de yoga en intraveineuse tous les lundis. Et je suis devenue accro au yoga.

#3 Que la force soit avec toi

force yoga superbananeIl est bien là mon problème. Je suis une « sois forte » (en PNL, mais bon aussi une « fais plaisir », je sais…). Quand je me lance dans un truc, je veux y arriver, je me lance tête baissée, et je me regarde souvent, je m’évalue, je force aussi sur moi-même… Et puis de la force pour le coup, j’en ai à revendre. Je suis un vrai déménageur breton. Alors pendant les cours de yoga, j’étais tendue, j’allais chercher la performance, au-delà de ma souplesse, ô comme je me trompais ! Car quand on force au yoga, déjà on peut se faire mal, et puis cela ne sert à rien car on n’arrivera pas aller plus loin dans les postures. Pour avancer sur son chemin au yoga, il faut lâcher, expirer quand cela fait mal, poser les armes, s’écouter.

#4 2e effet kiss cool : le pied en famille

yoga famille enfant enfants parent parents superbananeAvec la pratique, j’ai fait mon bout de chemin en solo… Puis en duo avec ma fille (âgée à l’époque de 6 ans). Nous nous sommes inscrites à un cours de yoga famille pour passer des moments toutes deux (après la naissance de mon second qui prenait beaucoup de place). La prof est top, ma fille s’amuse, je fais de belles avancées sur mon chemin du yoga. Une année, puis deux… Toutes les deux. On se rapproche, on partage un truc ensemble, pour nous deux et rien que pour nous deux (d’ailleurs au yoga famille on fait des postures avec maman ou papa). La troisième année, ma fille décroche des cours, mais elle se met à pratiquer toute seule à la maison. Elle s’étire le matin dans son lit, puis fait quelques postures toute seule dans sa chambre. Elle aussi est devenue accro au yoga. Quand je lui demande pourquoi ? « Cela me fait du bien, je sens mon corps ». Elle avait tout compris. C’est dingue comme les gamins sont encore dans l’instant présent et habitent vraiment leurs corps. C’est dingue comme nous, on a perdu la spontanéité au profit de l’instinct, on vit dans nos têtes et on n’écoute plus ce que le corps a à nous dire (tiens d’ailleurs, votre corps vous parle : Vous avez 5 nouveaux messages : ton corps te parle. 3 conseils pour apprendre à l’écouter.).

#5 Et finalement : je suis devenue prof de yoga

certification diplome yoga adultes superbanane

Blaž Bertoncelj (mon mentor) et moi, avec ma tête de bien trop contente.

Ben oui, ce qui devait arriver, arriva ! Le yoga avait pris trop de place et j’avais besoin de ma dose. Et puis j’avais tellement envie de faire avancer les autres sur leurs chemins, je me sentais prête. Mais je ne savais pas comment passer le pas. Un jour mon mari est rentré à la maison et m’a proposé de changer de vie et de partir vivre à l’étranger en Slovénie. C’était à un moment où il le fallait pour ma santé mentale. J’ai dit oui ! (j’en parle ici : Nouvelle vie. Le jour où tout a basculé).

J’ai commencé ma formation de yoga pour adultes à l’étranger en anglais (et en slovène un peu aussi, « izdih, roke gore, stopalo naprej, poslušaj svoj dihanje » bref…). La formation commence par une retraite de trois jours en Croatie. Je me retrouve avec un groupe de Slovènes, loin de chez moi, loin de ma famille, en colocation et dormant dans le même lit qu’une fille que je n’ai jamais vue avant… Bien au-delà de mes limites et de ma zone de confort. Le premier jour je gère plutôt bien et je me fais des copines (ben oui, je suis une « sois forte », vous n’avez pas oublié !), le deuxième jour je commence à faiblir, le troisième jour, je craque littéralement (autrement dit je lâche enfin). Après trois jours d’une bonne pratique, qui essore le corps, qui remue ma tête, l’anglais, le slovène, le manque de repères… Le dimanche, lors de la deuxième session de yoga du matin, mon cerveau n’est plus opérationnel, le prof donne des indications, je n’imprime plus rien : « Andréa, if I told you to do it on that way, there is a reason. Please do it. If you don’t do it like that, that doesn’t make any sense ! » (sur un ton direct). Déclic. Le barrage se fissure, la vanne s’ouvre dans ma tête, le temps se suspend, et les larmes coulent de mes yeux sans s’arrêter, je suis hors de contrôle, je dois lâcher cette fois, déposer les armes, avoir le courage de regarder à l’intérieur de moi, avoir l’honnêteté de voir ce qu’il se passe. Parce que c’est cela aussi le yoga, avec la pratique, on devient des cosmonautes de notre propre espace intérieur. C’est magique, jamais on s’est comme vus cela avant, peut-être même qu’on ne s’était jamais vus tout court. Cela demande du courage, parce qu’en ce qui me concerne, je n’avais pas forcément envie de voir tout cela. Je ne suis pas toujours fière de moi, c’est le moins que l’on puisse dire, mais c’est ce qui rend le yoga puissant.

Le jour de mon examen pratique pour devenir prof de yoga, on devait répondre à une question devant toutes les copines (pardon il n’y avait que des filles) et faire la démonstration d’une posture en situation de cours. Ma question était : « qu’est-ce que le yoga ? ». J’ai répondu, entre autres, que : « Yoga is a path from your ego to your self ». L’égo, c’est tabou, on en viendra tous à bout !

#6 Et maintenant ?

Et bien je baille toujours quand j’arrive sur mon tapis. Même au début des cours que je donne, si si !

Mais maintenant je sais pourquoi. Il y a un truc au yoga qui est super important (encore plus au yoga enfants), c’est de s’installer dans l’état d’esprit du yoga avant de commencer la pratique.  Et comme chez moi, le boulot, il est dans le fait de cesser de vouloir tout contrôler, mon cerveau me dit « ouvre tes vannes ». C’est là où mon corps commence la papotte avec ma tête. D’un point de vue physiologique, tout s’explique, on donne la chance au système nerveux neurovégétatif (ou parasympathique) de reprendre le dessus, vous savez, celui qui détend tout votre corps et vos organes. On baille, la respiration s’allonge, les battements de notre cœur ralentissent, la tension artérielle aussi, tout comme le flux de circulation sanguine… Les intestins se dénouent, on ouvre les épaules, on calme le flux de nos pensées… On est en pleine possession de nos moyens. On redevient les maîtres de nous-mêmes. Le petit bonus, hop, une petite dose de dopamine, hummm oui… Le yoga nous emmène dans un état qui est complètement à l’opposé de celui du stress, dans un profond sentiment de plénitude. Ce même pas de la magie, c’est de la pratique !

Voilà en quelques mots mon histoire avec le yoga. Et comme pour Charlotte (qui vous parle du yoga et elle ici : Le yoga et moi : les grandes étapes – by Charlotte), ce n’est que le début. Mon prof me disait qu’on est débutants au yoga pendant les 10 premières années de pratique, et prof débutants les 10 premières années de notre enseignement. Je comprends pourquoi.

Cela fait 10 ans que je pratique et un an que j’enseigne, et il n’y a pas deux cours de yoga qui se ressemblent. Pas deux cours de yoga où on ressent les mêmes choses. Un jour, on avance. Un jour, on fait un pas en arrière. Un jour, on arrive à bien comprendre ce qu’il se passe à l’intérieur de nous. On jour, on est dans une purée de pois. Un autre jour encore, on est à côté de ses pieds. Et puis, il y a un jour où on se sent vibrer.

Quand je donne un cours, l’énergie que j’envoie au groupe entre en relation avec celle des membres du groupe. Avec les postures, la respiration, la synchronisation, au bout d’un moment, on se rejoint. C’est presque toujours le cas. Mais parfois non, c’est à cela que je me rends compte si le cours que j’ai donné était bon ou pas. Car normalement à la fin, on a fait un pas tous ensemble pour tenter de devenir une meilleure version de nous-mêmes.

Et vous c’est quoi votre histoire avec le yoga ?

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